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Étudiants : l’angoisse de l’année blanche

7h05. Ton réveil sonne. T’as cours à 8h sur le campus. A3, amphi 2 avec un prof que tu ne peux pas saquer. Ton café t’a coûté 1,60 €. Tu pensais avoir une bonne boisson chaude au spéculos, finalement elle est coupée à l’eau et sans goût. Bref, ta journée commence bien…

© wix photo


En réalité, on ne va pas se mentir, t’es content d’être à la Fac. Au moins, tu es avec tes potes, tu ne te retrouves pas sans rien et tu ne déçois pas tes parents. Mais voilà. Le soir, tu te tapes des crises d’angoisse, tu ne sais pas trop ce que tu fais là et tu n’as qu’une envie : te barrer loin d’ici, ou du moins changer d’atmosphère.


Les pensées comme celles-ci son récurrentes dans la tête de certains étudiants. Ils font face à un dilemme : rester pour faire bien ou partir et prendre des risques. Almast* était de ceux-là. "J’ai découvert les crises d’angoisse et de panique l’année dernière. J’ai aussi ressenti un réel sentiment d’inutilité. Je sentais que je ne servais à rien dans la société." Cette peur s’appuie sur la crainte de ne pas "servir à quelque chose" après ses études. Souvent, ces remises en question surviennent après l’obtention d’un diplôme. La suite logique est de continuer ses études et avoir un bac + 5. Seulement, les étudiants ne rentrent pas toujours dans le Master souhaité. Almast était étudiante depuis trois ans à l’Université de Poitiers. Originaire de la ville, la jeune femme voulait changer d’air et découvrir Paris en Master Relations Internationales. "Hélas, je n’ai essuyé que des refus. Je me sentais nulle et me dévalorisais sans cesse. Le pire, c’est d’entamer une année dans une branche que tu as choisie par dépit. Je peux dire que cette année, tu la détestes vraiment."

Le syndrome de l'imposteur

Pour Marine*, la situation était différente. Étudiante en M2 en Histoire de l’Art à l’hôtel Fumé en centre-ville, la jeune femme eut beaucoup de difficultés à se mettre dans le bain de sa première année. Diplômée d’un BTS tourisme et d’une licence Pro guide conférencier, Marine était prête à faire ses premiers pas sur le marché du travail. Le hic : elle ne se sentait pas capable de rentrer dans la vie active. "J’avais l’impression de ne pas avoir assez de connaissances culturelles et de bagages intellectuels... "

La rentrée arrive donc. L'étudiant y va très sereinement : "Je me suis dit, si cela ne me plaît pas, j’arrête." Mais, l’angoisse prend vite le pas. "La Fac, c’est un monde à part. On a l’impression que les enseignants vivent sur une autre planète. Le niveau est très élevé par rapport à ce que l’on nous demande initialement", se confit-elle avant de continuer. "Ma pire angoisse, c’était le mémoire. Rédiger un devoir de recherche est la pire chose au monde, et je pèse mes mots. Seuls ceux ayant expérimenté cette période de vie peuvent le comprendre. Je l’ai très mal vécu. J’angoissais, car je savais pertinemment que personne n’allait lire mon travail. Je me fatiguais pour rien et me sentais inutile. J’avais l’impression de perdre une année."

* Les noms de famille ont volontairement été supprimés.

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