• La Rédaction

La dysmorphophobie : le mal du siècle

Mis à jour : 7 oct. 2020

Les troubles compulsifs du comportement n’ont cessé de se développer d’année en année. L’apparition des réseaux sociaux n’a pas épargné la recrudescence d’un phénomène en particulier : la dysmorphophobie.

L'un des effets de la dysmorphophobie


« Je devrais être plus mince ! » « J’ai un bourrelet en trop ! » « Si j’avais un nez plus fin, je serais plus beau… » Voici ce que des personnes atteintes de dysmorphophobie peuvent se dire face au miroir. Elle est l’un des toc le plus courant du moment et se caractérise par la représentation d’un défaut imaginaire et exagéré. Il ne s’agit pas là d’un simple complexe, mais d’une réelle souffrance. La plus en vogue : se voir plus gros que ce que l’on est réellement. A l’origine de ce mal-être : les canons de beauté.

Origine des canons esthétiques

Au début de l’humanité, à l’époque de la Préhistoire, les femmes étaient belles si elles étaient fertiles et avaient des formes généreuses. A l’Antiquité Grecque, ce qui est beau est harmonieux. Prenons l’exemple des statues de marbre de l’époque. Elles reflétaient un idéal en étant parfaitement symétriques et laissant apparaître un corps musclé. Les femmes et les hommes étaient représentés de la même manière, seul un drap cachant les parties intimes de la femme les différenciait. Ce n’est qu’à partir du Moyen-âge que le visage prend une importance particulière : pour être belle, une femme doit avoir un grand front, symbole de jeunesse et une peau rosé et blanche, symbole de pureté. A la Renaissance, l’idéal féminin est véhiculé par les nombreux tableaux des grands peintres. Au XVIIème et XVIIIème siècle, la beauté se résume pour les femmes à une taille fine et des bras potelés. Quant aux hommes, c’est le souci du détail qui est à la mode à travers le maquillage et les perruques. Puis, le siècle suivant, une belle femme est une femme enrobée à l’image de la bonne bourgeoise. L’homme, lui, doit être grand et fin et pour le plus sophistiqué, porteur de moustache. Ce n’est qu’au XXème siècle que les canons de beauté des femmes, en particulier, change du tout au tout. Elles se libèrent et s’affichent librement, telles qu’elles sont. Les femmes aux larges hanches sont tout de même appréciées et d’autant plus après la Seconde Guerre mondiale où être maigre était synonyme de mauvaise santé. Mais le XXIème siècle met à mal cette liberté. La mode suit des idéaux : la femme doit être grande, mince et bronzée, l’homme grand et athlétique.


Les réseaux sociaux destructeurs de bien-être social ?

La dysmorphophobie, c’est avant tout deux choses : une dévaluation et une modification de perception de soi. Ne sont concernés que 2% de la population mondiale. Mais ce phénomène tend à se développer sous la pression sociale. Avec les nouvelles générations de plus en plus connectées, elle sévit particulièrement chez les adolescents et peut parfois s’avérer dangereuse. Kim Kardashian, Ariana Grande, Chiara Feragni ou encore Thibault in shape, les influenceurs sur les réseaux sociaux deviennent des modèles pour des milliers de jeunes. Leur tare : vouloir leur ressembler. Cela peut engendrer des troubles de l’alimentation et peut même aller encore plus loin, jusqu’à la chirurgie esthétique.


Toute cette effervescence à travers les réseaux sociaux a un objectif : la recherche du beau. Les abonnés veulent voir des « beaux » contenus et une vie « parfaite ». D’après Raphaël Enthoven, philosophe, chroniqueur sur Europe 1 et présentateur de l’émission Philosophie sur Arte « Personne ne sait ce qu’est la beauté. C’est une impression que nous ne pouvons pas formaliser. » Kant, lui dit : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept. » Il n’y a donc a priori pas de conceptualisation possible du beau qui permettrait d’affirmer au nom de tous qu’une chose est belle ou non. C’est là toute la difficulté de l’objectivité. Mais apprendre à s’aimer tels que nous sommes réellement est un exercice périlleux pour toute personne dysmorphophobique.


Pour plus d’informations sur la dysmorphophobie et ses effets sur les personnes atteintes de ce trouble retrouvez l’émission Toute une histoire du 8 juillet 2017 spécialement dédiée à cette maladie : https://www.youtube.com/watch?v=tVys8EDcS5M&t=29s


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